hypnocafé

Après avoir organisé tous les mois pendant 15 ans des conférences autour du thème de l’hypnose dans un café à Paris, le café “L’Apostrophe” rue de la Grange aux Belles, Charles Joussellin propose dorénavant de se déplacer auprès de personalités du monde de l’hypnose et d’enregistrer un entretien informel sur un sujet décidé par l’invité lui-même. Il s’agit d’entretiens au cours desquels Charles Joussellin, soutenant une totale liberté de parole, se permet de donner aussi son avis ou de faire des remarques avec courtoisie et bienveillance.

 Entretien hypnocafé, juillet 2022, avec Bernard SURUGUE

HYPNOSE ET TRANSE

 

Bernard SURUGUE, musicologue, anthropologue, cinéaste, directeur de recherche honoraire à l’Institut de Recherche pour le Développement, IRD, évoque le film, Les tambours d’avant – à visionner préalablement sur Youtube, (10’) – que Jean Rouch a tourné au Niger chez les Songhaï. Bernard Surugue aborde la transe, le langage de la musique, et celui des Hommes avec le monde surnaturel.

S’appuyant sur ce documentaire témoin d’un rituel de la culture ancestrale des Songhai, Bernard Surugue décrit un « opéra total »  conjuguant danse, théâtre, musique, ambiance, public dont des enfants qui regardent… Dès qu’une transe monte et qu’un personnage devient le « cheval » d’un Esprit, des « femmes tranquilles » se lèvent pour le calmer, l’encadrer ; pour l’accompagner. En même temps le « Zima », ici le violoniste coordonne le processus et permet un dialogue entre les Esprits et les personnes présentes. Rythmée par  les différents tambours la mélodie de la vièle monocorde, incarne un conducteur thérapeutique pour cheminer et mobiliser les ressources du corps et de l’esprit du « cheval » possédé.

Bernard Surugue décrit ce court-métrage de Jean Rouch comme un chef-d’œuvre, une prouesse artistique, intellectuelle et technique à l’origine d’une nouvelle façon de filmer en un seul « plan-séquence », un modèle du genre fondateur du cinéma-vérité et de la Nouvelle Vague du cinéma Français.

Pour écouter l’entretien avec Bernard Surugue, cliquez ici 

 

Films de Bernard Surugue :

Le rêve plus fort que la mort (avec Jean Rouch), Sahel Bleu,  Mara le regard du lion, Yoro la maladie du grenier vide, Un jour comme les autres, Paroles de fleuve, Un fleuve nommé Niger, L’éternité ou le mentir vrai, etc.

 

 

 

Entretien hypnocafé, juin 2022, avec François RAINERI

 HYPNOSE ET MÉDECINE GÉNÉRALE

 

Retour sur le parcours de François RAINERI, médecin généraliste utilisant l’hypnose et ayant poursuivi une longue carrière universitaire. Quid de la relation à autrui dans l’acte de soin et de l’apport d’une formation des médecins à l’hypnose ?

Avec beaucoup de finesse et d’humour, décrivant son parcours, François Raineri montre l’intérêt d’utiliser l’hypnose pour les médecins généralistes eux-mêmes et pour leurs patients.

Très tôt, François Raineri réalise que la formation initiale en médecine générale propose de prendre en charge un patient malade plutôt qu’un patient souffrant. Devant une telle carence il se tourne vers des formations complémentaires, notamment les Thérapies brèves, la PNL, l’écoute active… afin de proposer à ses patients une réponse qui ne soit pas seulement médicamenteuse. Dans les années 1980, à la suite d’une conférence tenue par Betty Alice Erickson, François Raineri se forme à l’hypnose auprès de Jean Godin.

D’origine Franco-Canadienne, quasi bilingue à cette époque, il est très souvent sollicité pour faire la traduction lors de séminaires accueillant en France des professionnels américains renommés ; précisant avec humour qu’il a ainsi bénéficié de transes bilingues avec les plus célèbres élèves de Milton H. Erickson…

Introduisant sans tarder cette pratique à son exercice quotidien de médecin généraliste il constate des résultats favorables étonnants. Il propose des publications sur l’intérêt de l’hypnose en médecine générale mais, malgré des protocoles de recherche dans les règles de l’art, il ne parvient pas à publier. Seule la SFMG, Société Française de Médecine Générale, accueille ses initiatives. Ce faisant il participe à de nombreuses recherches en médecine générale, à la création d’un Diplôme Universitaire, devient enseignant universitaire jusqu’à être nommé professeur associé.

Au cœur de l’humanité, attentif à la relation à autrui lors des soins, préférant l’anamnèse à l’interrogatoire, soutenant que l’instant de la rencontre est la seule réalité de l’existence, François Raineri rappelle que « le rapport à l’autre et la communication à l’autre sont aussi le reflet de notre monde intérieur ».

Mots clés :

Hypnose et médecine générale, formation initiale en médecine, carence, écoute active, bilinguisme, Milton H. Erickson, intérêt de l’hypnose en médecine, Société Française de Médecine Générale, création DU hypnose, enseignement universitaire, relation à autrui, l’instant de la rencontre, le rapport à l’autre, la communication.

Pour écouter l’entretien avec François RAINERI, cliquez ici

 

 

Entretien du 13 mai 2022 avec Gérard Ostermann

HYPNOSE : UN ACCOMPAGNEMENT PARADOXAL ?

Gérard Ostermann, professeur de thérapeutique, interniste et psychothérapeute abordera la pratique de l’hypnose et notamment un paradoxe souvent proposé lors d’accompagnements de patients : « tenir bon » dans la vie et « lâcher-prise » en hypnose. Réflexions et partages au cœur de la pratique en hypnose Ericksonienne. 

Gérard Ostermann, décrivant sommairement son parcours professionnel, fait part de ses étonnements face à des patients à qui il venaient d’annoncer une excellente nouvelle, par exemple un problème cardiaque résolu, et qui se trouvaient alors très déçus. Comme si ces patients venaient de perdre leur identité de malade.

Gérard Ostermann se tourne alors vers les groupes Balint et la psychanalyse pour comprendre les phénomènes qui sous-tendent la relation soignante. Chemin faisant il se tourne aussi vers l’hypnose formelle, puis conversationnelle et les thérapies narratives.

Gérard Ostermann décrit trois aspects de la relation soignante qui s’interpénètrent au cours d’une véritable rencontre :

  • La relation, moi et le monde
  • L’intention et les valeurs, moi et l’autre
  • L’action, moi et moi

La rencontre devient thérapeutique lorsque : « pour me soigner, je ne peux devenir moi et m’abandonner à l’autre que si je suis en relation ».

L’expression, « quand on veut ! on peut ! », est-elle juste vis-à-vis de la souffrance psychique ?

Malheureusement non car la réalité semble plutôt montrer : plus on veut ! moins on peut ! Il est donc probablement moins question de volonté que de désir.

C’est dire l’intérêt de la pratique de l’hypnose et des thérapies narratives pour se tourner vers les vœux et les ressources du patient ; pour laisser émerger des possibles…

Pour écouter l’entretien avec Gérard Ostermann : cliquer ici 

 

 

Entretien du 25 avril 2022 avec Jean BECCHIO

CORPS ET ESPRIT : LEQUEL NOUS DIRIGE ?

Après avoir évoqué son parcours et ses activités actuelles, Jean Becchio, médecin généraliste et enseignant universitaire en hypnose, aborde la force de vie en chacun de nous. De métaphores en métaphores, Jean Becchio décrit ses patients rencontrant des obstacles, fatigués, mais chez qui persiste une petite flamme, la force de vie, sur laquelle le thérapeute doit souffler afin de l’activer, afin qu’elle se développe.

Jean Becchio décrit la rencontre thérapeutique en trois étapes :

  • L’interaction entre le thérapeute et le patient. Le thérapeute serait un miroir actif qui cherche à être bienveillant, encourageant et accueillant.
  • Le patient, centré sur son problème, ne voit plus l’environnement dans lequel il vit et où se trouve la solution à ses difficultés. Jean Becchio décrit alors le 6ème sens (la proprioception) qui doit être sollicité par un corps en mouvement recherchant la solution : une thérapie corporo-psychique ?
  • Enfin, le thérapeute doit favoriser le corps en mouvement comme l’évoquaient aussi Spinoza, Montaigne…

Jean Becchio affirme : le corps doit avoir la priorité sur le psychisme !

Entretien chaleureux au cours duquel Charles Joussellin mentionne plusieurs fois un point de vue différent en s’appuyant sur la phénoménologie. 

Pour écouter l’entretien avec Jean Becchio : cliquer ici 

 

 

 

Entretien du 14 mai 2022 avec Marco Klop

ORGANISATION DU FORUM DE LA CFHTB AU LUXEMBOURG

Quelles sont les impressions de Marco Klop, médecin anesthésiste, président de l’Institut Milton H. Erickson de Luxembourg, quant à l’organisation du forum de la Confédération Francophone d’Hypnose et Thérapies Brèves à Luxembourg ?

Expérience enrichissante mais longue. Marco Klop la compare à celle de courir un marathon qui n’en finit pas. Beaucoup d’incertitudes jusqu’à quatre mois avant l’ouverture du forum.

De plus, en raison de la pandémie du covid19, il a aussi fallu trouver un autre site pour organiser la manifestation. Finalement, le forum se tient aujourd’hui au centre de l’Europe, à Luxembourg, voie de circulation centrale, dans l’enceinte de l’European Convention Center, lequel se trouve à 300 mètres de la maison qui a vu naitre Robert Schuman, « père fondateur » de l’Union européenne…

Pour écouter l’entretien avec Marco Klop : cliquer ici 

 

 

Entretien du 30 mars 2022 avec Catherine BERNARD

HYPNOSE EN NEUROCHIRURGIE ÉVEILLÉE

Catherine Bernard raconte sa pratique de l’hypnose en neurochirurgie éveillée ; situations complexes, longues, contraignantes et stressantes. Catherine Bernard décrit une étonnante et bénéfique alliance thérapeutique s’appuyant sur le développement des ressources du patient, de même que l’intérêt grandissant d’un monde hyper technique, la neurochirurgie, pour la subjectivité de la personne malade.

 Pour éviter une anesthésie générale lors de l’ouverte de la boite crânienne d’une personne à qui il faut extraire une tumeur du cerveau, Catherine Bernard propose un accompagnement en hypnose Ericksonienne évoquant un souvenir sécurisant. N’ayant pas subi une anesthésie générale lors de ce premier acte chirurgical, l’ouverture de la boite crânienne, le patient reste bien éveillé pour guider la main du chirurgien ; notamment afin de mieux préserver les parties du cerveau nécessaires au langage.

Catherine Bernard évoque ensuite, pour sa pratique quotidienne, les apports bénéfiques d’une démarche méditative (Alexandra David-Neel, Les enseignements secrets des bouddhistes tibétains), de techniques psycho-corporelles et d’une approche neuro-cognitive cherchant à décrire l’expérience subjective d’autrui. Tenter de « se mettre à la place de l’autre » pour mieux l’accompagner un patient lors de l’ouverture de son crâne. Autrement dit, comment objectiver l’expérience subjective d’autrui ? Un défi qui mérite d’être tenté pour mieux adapter la technique à la personne soignée.

Catherine Bernard montre l’intérêt majeur pour une spécialité médicale hyper technique, la neurochirurgie, de s’allier à la personne malade par une approche relationnelle de qualité. Une alliance qui permet des soins techniques de meilleure qualité et plus performants ; une voie qui influencera probablement la médecine contemporaine.  

Pour écouter l’entretien avec Catherine Bernard, cliquer ici